La vanille de Madagascar traverse une nouvelle crise !

Ces dernières années, la vanille de Madagascar traverse une crise tant sur la production que sur la qualité, mais surtout en termes de prix. Les raisons de cette crise sont le passage du cyclone Enawo et l’insécurité qui règne dans les régions productrices de Bourbon vanilla beans. Du coup, la filière se retrouve dans une bulle spéculative qui selon les professionnels du secteur pourrait nuire la filière sur le moyen terme.

Rappelons que la Sava est la principale région productrice de vanille à Madagascar. Le passage du cyclone Enawo en début de cette année a baissé la production d’environ 30 % selon les estimations des producteurs. Et avec la diminution de la production, le kilo s’achète actuellement autour de 284 euros dans la Sava. Entre les vols, lynchages et meurtres, la filière de Bourbon vanilla beans crée la psychose à Madagascar. De nombreux cas de vols de Bourbon vanilla beans verte ont été enregistrés avant l’ouverture de la campagne de récolte. L’augmentation significative des vols de vanille conduit les gens à dormir dans leurs plantations depuis février. Certains producteurs, notamment ceux qui n’ont pas le moyen de payer des personnes pour surveiller les plantations, récoltent les vanilles avant maturité pour éviter le vol, ce qui entraine une baisse du taux de vanilline, soit une perte de qualité des gousses.

Mais il faut savoir que l’actuelle crise que traverse la filière de vanille Madagascar n’est pas la première. Dans les années 2000, près de 35 % des plantations dans la Sava avait été ravagé par le cyclone. En 2003, les prix avaient flambé à 530 euros le kilo avant de chuter à 40 euros en 2004. Mais contrairement à la situation de la campagne 2003-2004, celle de 2016 est accompagnée d’un faible niveau de qualité jamais connu dans la filière selon le Groupement des exportateurs de vanille.

Certes, les arômes naturels sont actuellement en vogue, mais cette situation pourrait contraindre les acheteurs et les consommateurs à se tourner vers les arômes artificiels. La vanille est devenue un produit rare et très cher que son utilisation ne sera plus rentable. L’autre alternative sur le moyen terme à la Bourbon vanilla beans sera pour les utilisateurs de cet arôme naturel les produits en provenance d’autres pays producteurs émergents comme l’Inde, de l’Indonésie ou de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. A noter que ces pays relancent les plantations qui devront être prêtes au bout de quatre ans.

Pour assurer la pérennité de la filière, un assainissement est nécessaire. Le Premier ministre Olivier Mahafaly a haussé le ton à l’ouverture de la campagne 2016 sur les sanctions prises à l’encontre des individus qui seraient directement impliquées dans le trafic de vanille. Une meilleure collaboration entre exportateurs, collecteurs et planteurs de Bourbon vanilla beans devra permettre à professionnaliser et à renforcer la filière vanille à Madagascar. La vanille de Madagascar est très recherchée sur le marché mondial. Le pays exporte environ 2 000 tonnes de gousses de vanille préparée chaque année. Une grande partie de la production malgache est expédiée vers l’Europe et les Etats-Unis, mais d’autres marchés ont également un grand intérêt sur le produit malgache.